Retrofit des sondes de température du sol Bosch en asperge avec Syclance
Sondes Deepfield Connect en bon état mais boîtiers qui prenaient l'eau et plateforme d'origine plus maintenue : comment nous gardons la sonde à quatre profondeurs et son câble, et faisons remonter ses mesures dans Syclance.

Sommaire
En bref
- Les sondes à piquer Bosch Deepfield Connect posées en aspergeraie portent quatre capteurs de température, à 0, 5, 20 et 40 cm de profondeur dans la butte.
- Sur l’exploitation qui nous a consultés, les sondes étaient en bon état, mais les boîtiers d’origine prenaient l’eau et la plateforme d’origine n’est plus maintenue.
- Agronaute garde la sonde et son câble, et remplace le boîtier par un module adapté sur base Dragino, étanche, qui lit directement le bus 1-Wire des quatre capteurs.
- Les mesures arrivent dans la plateforme Syclance, rangées par parcelle et par profondeur, avec seuils, alertes e-mail, historique, export et accès par API pour le logiciel du producteur.
- Rien n’est promis avant le diagnostic d’un échantillon de vos sondes : ouverture de la tête, repérage des fils, test en température de chaque capteur.
Le point de départ : des sondes en place, un transmetteur hors service
Bosch a lancé le service Deepfield Connect pour l’asperge en 2015. Le principe tenait en trois éléments : une sonde à piquer dans la butte, un boîtier émetteur posé à côté, et une application qui affichait les températures. Le service était loué à l’année, et non vendu, selon la presse agricole allemande de l’époque.
Le service a ensuite changé de mains. Réussir Fruits et Légumes indiquait en mars 2021 qu’il était repris par la société FoundersLane depuis le 1er janvier 2021. Le site actuel de Deepfield Connect présente une autre gamme de capteurs, sans référence à l’ancien boîtier.
Sur l’exploitation qui nous a consultés, les boîtiers d’origine prenaient l’eau et les transmissions n’étaient plus fiables. La plateforme d’origine n’étant plus maintenue, les sondes restaient dans les buttes sans rien remonter. Ces sondes représentent pourtant un investissement déjà fait, posé dans les buttes depuis plusieurs saisons.
Un autre fait pèse sur ces boîtiers en France. La notice Bosch indique que l’émetteur communique en GSM, c’est-à-dire en 2G. D’après le calendrier publié par l’Arcep, Orange arrête son réseau 2G par vagues en 2026, avec un arrêt total prévu le 20 octobre 2026 en métropole, hors zones blanches réglementaires.
Ce que mesurent ces sondes dans la butte
La notice d’origine décrit une sonde à piquer de 445 mm de long, avec quatre capteurs de température étagés à 0, 5, 20 et 40 cm. Elle annonce une plage de -55 à +125 °C, une précision de ±0,5 °C entre -10 et +85 °C et une résolution de 0,0625 °C. La sonde est reliée à l’émetteur par un câble de 2,5 m et un connecteur à verrouillage.
Ces valeurs correspondent à la fiche technique du capteur numérique DS18B20, qui fonctionne sur un bus 1-Wire. Sur ce type de bus, chaque capteur porte un numéro de série unique, et plusieurs capteurs partagent les mêmes fils. Les sondes que nous avons ouvertes sont bien des chaînes de quatre capteurs sur un même bus 1-Wire. Le modèle exact de la puce n’est publié nulle part : le diagnostic le vérifie sonde par sonde.
Pourquoi suivre la température de la butte en asperge
La température de la butte sert à conduire les bâches noir et blanc et à prévoir les volumes de récolte.
- Réussir Fruits et Légumes situe la plage de confort de l’asperge, pendant la récolte, entre 18 et 20 °C à 20 cm sous le haut de la butte.
- Le même article distingue trois niveaux. Le sommet sert à éviter le brûlage des pointes, le centre à garder des pointes fermées, et le plateau renseigne sur les volumes récoltés chaque jour.
- Le wiki horticole allemand Hortipendium relie les asperges creuses à une butte au-dessus de 25 °C. Il conseille de rester sous 22 °C à 20 cm, avec une bâche noir et blanc.
- Une présentation du conseiller UBIGA, hébergée par l’institut bavarois LfL, demande au moins 16 °C à 20 cm : une butte froide donne des turions fins.
- Après la saison, Réussir rapporte les travaux d’Invenio sur les réserves de la griffe. Le consultant cité conseille de broyer le feuillage quand le sol au niveau de la griffe passe sous 10 °C.
Les capteurs à 5 et 20 cm encadrent la zone des pointes, celui de 40 cm se rapproche du plateau, et celui de 0 cm suit la surface sous la bâche. Les seuils restent à fixer avec votre conseiller, selon la variété et le type de sol.

La démarche, du diagnostic au suivi dans Syclance
4 capteurs à 0, 5, 20 et 40 cm, câble conservé
Base Dragino étanche, résistance de tirage, lecture du bus 1-Wire
Antenne LoRaWAN à la ferme ou réseau mobile
Parcelles, seuils, alertes, export, API vers votre logiciel
1. Diagnostic d’un échantillon de sondes
Nous commençons par quelques sondes prises dans vos parcelles, avant toute commande. Le diagnostic se fait dans cet ordre.
- Ouverture de la tête de la sonde à piquer, pour comprendre le cheminement du bus entre le câble et les quatre capteurs.
- Essais de raccordement pour établir le code couleur des fils : masse, données et alimentation. Ce code n’est publié nulle part.
- Test en température de chaque capteur, pour vérifier qu’il répond et que sa mesure reste cohérente avec celle des trois autres.
Nous contrôlons aussi l’état du câble et du connecteur : gaine coupée, oxydation, eau dans la prise. Une sonde dont un capteur ne répond plus est signalée avant l’installation. Le service d’origine était loué. Sur cette exploitation, le producteur est désormais propriétaire de ses sondes : il ne paie plus qu’un abonnement à Syclance.
2. Pose du module adapté sur le câble d’origine
Le nouveau transmetteur est un module adapté par Agronaute sur base Dragino. Il part du boîtier RS485-LB/LS, classé IP67, dont la fiche liste une entrée 1-Wire. Nous l’adaptons sur le plan matériel, avec la résistance de tirage du bus et le raccordement de la chaîne, et sur le plan logiciel : son micrologiciel est modifié pour lire les quatre capteurs de la chaîne.
Le câble principal d’origine est conservé. Il entre dans le boîtier par un presse-étoupe, qui assure l’étanchéité, puis il est raccordé au module. La sonde reste en place dans la butte et ne change pas de profondeur.
Le boîtier se fixe sur un piquet, hors de la bâche et à l’écart du passage des machines. La notice Bosch demandait déjà de poser l’émetteur au-dessus de la crête de la butte, non recouvert par la bâche. Le module fonctionne sur pile lithium ou sur panneau solaire avec batterie, selon la version choisie.
3. Choix du réseau
Deux façons de transmettre existent. La première est une passerelle LoRaWAN installée à la ferme, antenne en hauteur, reliée à la box ou en 4G, sans abonnement opérateur obligatoire. La seconde passe par le réseau mobile en NB-IoT ou LTE-M. Il faut alors une carte SIM objets connectés par module, prise auprès d’un opérateur : Agronaute ne vend pas de forfait.
Nous vérifions avec vous la couverture radio des parcelles avant de proposer l’un ou l’autre.
4. Configuration dans Syclance
Chaque capteur d’une chaîne a son propre numéro 1-Wire. Lors de la mise en service, nous rattachons chaque numéro à sa profondeur, puis chaque sonde à sa parcelle. Une sonde apparaît par exemple sous le nom « Parcelle 3, butte 12, 20 cm », à côté de son identifiant système.
Dans Syclance, chaque mesure peut recevoir quatre niveaux de seuil : bas critique, bas, haut et haut critique. Une alerte par e-mail part au dépassement, et un second e-mail peut signaler le retour à la normale. Le SMS est proposé en option. La cadence d’envoi du module se modifie à distance depuis la plateforme : la commande part au prochain envoi du capteur.
Exemple : seuil haut réglé à 22 °C sur le capteur de 20 cm d’une parcelle de variété tardive, alerte envoyée au chef de culture.
5. Suivi des données et envoi vers votre logiciel
Le tableau de bord se compose selon vos parcelles. Chaque sonde a sa courbe, avec les seuils tracés, et un tableau horodaté des mesures. L’affichage peut agréger les mesures en minimum, maximum ou moyenne sur la période choisie. Les mesures s’exportent en CSV ou Excel pour le cahier de culture.
Sur cette exploitation, le producteur utilise déjà son propre logiciel de prévision. Ce logiciel interroge l’API de Syclance pour récupérer les dernières valeurs, puis il les rapproche de celles de l’année passée pour établir ses prévisions.
Le matériel utilisé
Le module de chaque sonde repose sur le boîtier Dragino RS485-LB/LS, adapté par Agronaute pour la lecture du bus 1-Wire. Sa fiche annonce un boîtier IP67, un fonctionnement de -40 à 85 °C et une pile Li-SOCl2 de 8 500 ou 19 000 mAh. Une version solaire avec batterie Li-ion de 3 000 mAh existe aussi. Il est disponible en LoRaWAN, en NB-IoT et en LTE-M.
En LoRaWAN, la passerelle d’extérieur Dragino DLOS8N se fixe en hauteur sur un mât ou un pignon de hangar. Elle est classée IP65 et se raccorde en Ethernet avec alimentation PoE, en Wi-Fi ou en 4G selon la version. Pour une antenne posée à l’intérieur du corps de ferme, la Dragino LPS8N se relie à la box par câble ou en Wi-Fi.
La plateforme Syclance est une option : les modules Dragino fonctionnent aussi avec d’autres plateformes. Retrouvez nos autres capteurs pour les cultures légumières sur la page maraîchage et serres.
Ce que nous ne pouvons pas garantir
- La compatibilité de vos sondes avant diagnostic. Le brochage et le type exact de capteur ne sont publiés ni par Bosch ni par Deepfield Connect : nous les établissons sur un échantillon.
- Le fonctionnement d’un capteur endommagé. Un capteur qui ne répond plus au test reste hors service, et la sonde garde alors trois profondeurs au lieu de quatre.
- L’état des câbles sur toute leur longueur. Un câble coupé par un outil ou rongé dans la butte se voit au diagnostic, pas avant.
- Les prévisions faites par votre propre logiciel. Syclance fournit les mesures, leur exploitation reste celle de votre outil.
Questions fréquentes
Faut-il arracher les sondes déjà posées ?
Non. La sonde reste dans la butte et le câble principal est conservé. Seul le boîtier émetteur change.
Toutes les sondes Bosch Deepfield Connect pour l’asperge sont-elles compatibles ?
Nous ne l’affirmons qu’après le diagnostic d’un échantillon. Les sondes que nous avons ouvertes sont des chaînes de quatre capteurs sur un bus 1-Wire. Une autre génération ou une sonde abîmée peut se comporter autrement.
Les anciennes données de l’application d’origine sont-elles reprises ?
Non, sauf si vous les avez exportées vous-même. L’historique dans Syclance commence à la remise en service de la sonde.
Faut-il un abonnement pour transmettre les mesures ?
Avec une passerelle LoRaWAN installée sur l’exploitation, aucun abonnement opérateur n’est obligatoire. En NB-IoT ou LTE-M, chaque module demande une carte SIM objets connectés prise auprès d’un opérateur. La plateforme Syclance est une option, chiffrée sur devis.
Envoyez-nous le nombre de sondes posées, les parcelles concernées et leur distance aux bâtiments, puis confiez-nous deux ou trois sondes pour le diagnostic. Nous vérifions le bus de chaque sonde, la couverture radio du site, et vous répondons sous 24 h ouvrées. Par téléphone : 01 34 91 90 20.
Sources
- Deepfield Connect Asparagus Monitoring, présentation de 2016, Robert Bosch GmbH, hébergée par le LfL Bayern
- Notice d’origine Deepfield Connect Spargel Sensor (2018), Robert Bosch Start-up GmbH
- expoSE 2017 : Digitale Verfrühungssteuerung für die Hosentasche, ZG Raiffeisen
- Asperge : comment bien gérer la température de la butte pour optimiser la production, Réussir Fruits et Légumes
- Asperge : des sucres et du froid, Réussir Fruits et Légumes
- Hohle Spargelstangen, Hortipendium
- Anpassungs- und Optimierungsmöglichkeiten im Spargelanbau, UBIGA GmbH, LfL Bayern
- Calendrier d’extinction 2G par département d’Orange, Arcep
- DS18B20, Programmable Resolution 1-Wire Digital Thermometer, Maxim Integrated (Analog Devices)
























