Ventilation des bâtiments d’élevage, quoi surveiller pour être alerté à temps

Coupure de courant, ventilateur arrêté, trappe bloquée : les pannes de ventilation se repèrent par la température, l'humidité, le CO2 et le courant des moteurs. Ce que dit l'arrêté de 1982 sur l'alarme, et comment la compléter.

Par L'équipe Agronaute9 min de lecture

Intérieur d'un bâtiment de poulets de chair avec lignes de mangeoires et rideaux latéraux
Source de la photo
Sommaire
  1. Ventilation dynamique ou naturelle, des risques différents
  2. Les pannes qui arrêtent le renouvellement d’air
  3. Ce que dit l’arrêté du 25 octobre 1982
  4. Température, humidité, CO2 et courant des ventilateurs
  5. Coups de chaleur, les repères des instituts
  6. Où placer les capteurs, qui prévenir, comment tester

En bref

  • Dans un bâtiment en ventilation dynamique, l’arrêt des ventilateurs ou une trappe bloquée coupe le renouvellement d’air, et la chaleur monte en peu de temps.
  • L’arrêté du 25 octobre 1982 impose une alarme qui avertit de la défaillance de la ventilation artificielle, ainsi qu’un test régulier de cette alarme.
  • Les mesures utiles sont la température et l’humidité à hauteur des animaux, le CO2 de l’air et le courant consommé par les ventilateurs.
  • Un capteur connecté sur pile complète l’alarme du bâtiment : il ajoute un second canal d’alerte et un historique, il ne la remplace pas.
  • L’alerte part vers au moins deux personnes, et toute la chaîne se teste à intervalle fixe, téléphone compris.

Ventilation dynamique ou naturelle, des risques différents

Les bâtiments de volailles et de porcs sont souvent en ventilation dynamique. Des extracteurs aspirent l’air, des trappes laissent entrer l’air neuf, et un régulateur pilote l’ensemble à partir d’une sonde de température.

Dans ce type de bâtiment, les animaux dépendent entièrement du matériel. Si les extracteurs s’arrêtent, l’air n’est plus renouvelé et la température monte avec la chaleur dégagée par les animaux. La fiche ITAVI sur le coup de chaleur en volaille de chair demande d’ailleurs de proscrire l’ouverture des portails en ventilation dynamique.

Les stabulations de bovins fonctionnent le plus souvent en ventilation naturelle, par les bardages ajourés, les rideaux et le faîtage ouvert. Le risque n’est pas une panne brutale mais une ambiance qui se dégrade lentement : rideau resté fermé, bâtiment trop fermé l’été, air chaud qui stagne au niveau des logettes.

Chez les vaches, la chaleur se juge mieux avec un indice qu’une température seule : voir les seuils du THI et du CCI sur notre page stress thermique des vaches.

Les pannes qui arrêtent le renouvellement d’air

  • Coupure de courant sur le réseau, souvent pendant un orage, avec un groupe électrogène qui ne démarre pas.
  • Disjoncteur ou relais thermique déclenché sur un ventilateur ou sur toute une ligne.
  • Ventilateur arrêté par une courroie cassée, un moteur grillé ou une hélice encrassée.
  • Trappe, volet ou rideau bloqué en position fermée par un vérin, un câble ou un treuil défaillant.
  • Sonde du régulateur déréglée ou mal placée, qui commande une ventilation trop faible.

La check-list de la chambre d’agriculture de Bretagne pour préparer l’été en élevage de porcs, publiée dans Réussir Porc, rappelle aussi que les déjections accumulées au niveau des trappes réduisent les débits d’extraction. Elle conseille de démarrer le groupe électrogène une fois par mois.

La sonde de pilotage doit être contrôlée en salle pleine, en comparant sa valeur à un thermomètre mini-maxi, puis étalonnée en cas d’écart. La fiche ITAVI recommande un étalonnage des sondes de température et d’humidité une à deux fois par an avec le constructeur.

Ce que dit l’arrêté du 25 octobre 1982

L’annexe I de l’arrêté du 25 octobre 1982, au point 1 f), demande que tout l’équipement automatique ou mécanique indispensable à la santé et au bien-être des animaux soit « inspecté au moins une fois par jour ». Il ajoute ceci, à propos de la ventilation :

« Lorsque la santé et le bien-être des animaux dépendent d’un système de ventilation artificielle, il convient de prévoir un système de secours approprié afin de garantir un renouvellement d’air suffisant pour préserver la santé et le bien-être des animaux en cas de défaillance du système, et un système d’alarme doit être prévu pour avertir de la défaillance ; le système d’alarme doit être testé régulièrement. »

Trois obligations en découlent pour un bâtiment en ventilation dynamique : un secours, une alarme de défaillance et un test régulier de cette alarme. Le point 1 d) de la même annexe demande en outre que la température, l’humidité relative et les concentrations de gaz restent « dans des limites qui ne nuisent pas aux animaux ».

L’arrêté ne décrit pas la technologie de l’alarme. Un capteur connecté sur pile envoie ses mesures toutes les 20 minutes par défaut, avec des envois rapprochés en mode alarme selon le modèle. Il n’a pas le même rôle que l’alarme du régulateur, câblée sur l’installation et secourue par batterie. Il la complète par un second canal d’alerte et un historique, et l’alarme réglementaire du bâtiment reste en place.

Température, humidité, CO2 et courant des ventilateurs

Température et humidité à hauteur des animaux

La température qui compte est celle que subissent les animaux, pas celle du faîtage. La sonde se pose donc à hauteur de dos, au milieu du bâtiment ou de la salle, hors du flux direct d’une entrée d’air ou d’un radiateur.

Un capteur comme le S31B mesure la température à ±0,2 °C et l’humidité à ±2 % HR, selon sa fiche. Il gère une alarme haute et basse et garde les mesures en mémoire si le réseau tombe. Il existe en LoRaWAN, avec une passerelle à la ferme, et en NB-IoT ou LTE-M, avec une carte SIM objets connectés à prendre auprès d’un opérateur.

CO2 et ammoniac

Le CO2 est produit par la respiration des animaux. Quand le renouvellement d’air baisse, sa teneur monte : c’est un indicateur direct de la ventilation, surtout l’hiver quand on limite les entrées d’air froid.

L’AQS01-L mesure le CO2 par infrarouge NDIR de 400 à 5 000 ppm, avec la température et l’humidité, et déclenche une alarme sur seuil. C’est un capteur d’intérieur en LoRaWAN, à fixer à l’abri des jets de lavage. Sa mesure de CO2 fonctionne de 0 à 50 °C et jusqu’à 85 % d’humidité, sans condensation.

L’ammoniac demande un capteur spécifique, que ne proposent pas les modèles cités ici. Les seuils de CO2 et d’ammoniac à retenir pour votre production se fixent avec votre technicien ou votre vétérinaire.

Le courant consommé par les ventilateurs

Une sonde d’ambiance voit la panne quand la température a déjà monté. La mesure de courant la voit dès l’arrêt du moteur : un ventilateur arrêté ne consomme plus rien.

Le CS01 lit jusqu’à quatre pinces ampèremétriques de 100, 300 ou 600 A, vendues séparément, et déclenche une alarme sur seuil de courant. Les pinces se referment autour d’un conducteur sans le déconnecter, mais l’intervention en armoire électrique reste à confier à une personne habilitée. Le CS01 existe en LoRaWAN, NB-IoT et LTE-M.

Coups de chaleur, les repères des instituts

En volaille de chair, la fiche ITAVI donne des repères de température en fin de lot. Pour le poulet standard, la plage recommandée va de 24 à 28 °C. L’ingéré diminue entre 30 et 37 °C, et la mortalité apparaît entre 38 et 40 °C. Pour la dinde, la mortalité apparaît au-delà de 40 °C. La même fiche conseille de consulter la météo au moins une fois par jour, le soir.

En porc, la check-list de la chambre d’agriculture de Bretagne met en garde contre une température d’alerte mal réglée. Une alerte trop haute, par exemple 35 °C dans le nord de la France, est inefficace. Une alerte sous 30 °C provoque des déclenchements inutiles des sécurités.

En bovins, la fiche des chambres d’agriculture sur les coups de chaleur situe le confort de la vache entre 2 et 15 °C, et celui du veau entre 7 et 25 °C. Au-delà, l’animal subit un stress thermique. Le niveau de halètement et la fréquence respiratoire indiquent l’intensité de ce stress.

L’humidité compte autant que la température. L’indice THI combine les deux. Selon les travaux de l’Idele présentés en 2025 dans le cadre du programme Bâti’Lait Mieux, au-delà d’un THI de 68 la vache ne récupère plus. Le capteur d’ambiance d’une stabulation mesure donc aussi l’humidité.

Notre kit confort des animaux calcule ce THI en continu dans le bâtiment, et le CCI au pré, puis envoie une alerte par e-mail au seuil que vous avez choisi.

Génisses au cornadis dans une stabulation équipée de ventilateurs
Génisses au cornadis dans une stabulation équipée de ventilateurs Source de la photo

En stabulation, les chambres d’agriculture placent la ventilation avant la brumisation ou le douchage.

Où placer les capteurs, qui prévenir, comment tester

Emplacement

  • Une sonde de température et d’humidité par salle ou par bâtiment, à hauteur des animaux, dans la zone la plus chaude repérée l’été.
  • Un capteur de CO2 dans la zone de vie, loin des entrées d’air directes et hors de portée des animaux.
  • Les pinces de courant sur l’alimentation des extracteurs, une voie par ligne de ventilateurs.

Destinataires de l’alerte

Un seul téléphone ne suffit pas : il peut être éteint ou hors réseau. Prévoyez au moins deux destinataires, par exemple l’exploitant et l’associé ou le salarié d’astreinte.

Test régulier

La check-list de la chambre d’agriculture de Bretagne décrit un test en trois étapes. On baisse manuellement la température d’alerte chaude sous la température de la salle affichée sur le boîtier, on attend cinq minutes, puis on vérifie l’ouverture automatique des fenêtres. Elle demande aussi de contrôler la transmission des alarmes sur le téléphone et l’état de la batterie de l’alarme.

Pour l’alerte connectée, le principe est le même. Abaissez un seuil sur la plateforme pour provoquer une alerte, vérifiez qu’elle arrive chez chaque destinataire, puis remettez le seuil d’origine.

Réglez aussi une alerte quand un capteur cesse d’émettre. Une pile vide ou un capteur arraché se repère alors avant le jour d’une panne.

La couverture radio se vérifie avant la pose, car la tôle et le béton atténuent le signal. Voir aussi notre page élevage.

Questions fréquentes

Un capteur connecté suffit-il pour respecter l’arrêté du 25 octobre 1982 ?

Non. L’arrêté demande un système de secours et une alarme de défaillance pour la ventilation artificielle, testée régulièrement. Le capteur connecté s’ajoute à l’alarme du bâtiment et au secours existants, il ne les remplace pas.

Faut-il une passerelle LoRaWAN pour surveiller un bâtiment ?

Pour les versions LoRaWAN, oui : une passerelle installée à la ferme ou un réseau opéré. Le S31B et le CS01 existent aussi en NB-IoT et LTE-M, avec une carte SIM objets connectés à prendre auprès d’un opérateur. L’AQS01-L n’existe qu’en LoRaWAN.

Quel seuil d’alerte régler sur la température ?

Le seuil dépend de l’espèce, de l’âge des animaux et du bâtiment. Partez des repères des instituts, comme ceux de l’ITAVI pour les volailles de chair, et réglez la valeur avec votre technicien. Un seuil trop haut déclenche trop tard, un seuil trop bas multiplie les fausses alertes.

Envoyez-nous le type de bâtiment, le nombre de salles et de lignes de ventilateurs, ce que vous voulez mesurer et la distance entre les bâtiments et le bureau. Nous choisissons le matériel avec vous, vérifions la couverture radio et vous répondons sous 24 h ouvrées.

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Sources

L'équipe Agronaute

Agronaute est une marque de QL3D, à Bazainville (Yvelines). Nos articles s'appuient sur les publications des instituts techniques et des chambres d'agriculture citées en sources, et sur les fiches techniques des fabricants.

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